Dès 18 h 30, le 17 décembre, on voit affluer du monde au pied du clocher pour écouter et voir le « grand balandran ». On désigne ainsi la sonnerie à la volée de toutes les cloches de la ville, mais les gens viennent à La Platé car ici, on sonne encore les cloches à la corde (les bras et les bonnes volontés ne manquent pas), ce qui rappelle plein de souvenirs aux anciens.

Au bout d’un quart d’heure, peu à peu les cloches s’arrêtent… On continue à faire balancer «Dame Louise » la grande cloche de La Platé, qui seule dans la nuit, fait entendre sa voix. Les carillonneurs gravissent alors l’escalier en maintenant la volée au fur et à mesure de leur ascension. Arrivés à la salle des cloches, ils ralentissent peu à peu le ballant de la cloche et, en lui donnant une certaine impulsion, doivent la faire sonner sur un seul côté du vase sonore neuf fois de suite pour symboliser les 3 fois 3 coups de l’Angélus.

Puis s’installant au clavier, ils commencent par sonner le « nadal comptador ». Il s’agit du Noël « compteur » qui va être joué tous les soirs pour servir à décompter le nombre de jours nous séparant de Noël. Le premier soir, il sera joué 8 fois, le deuxième jour, 7 fois, le 3ème 6 fois et ainsi de suite en décroissant jusqu’au 23 décembre. Après cela, sont interprétés une multitude de chants de noël durant une demi-heure environ. Le répertoire des carillonneurs de Castres est riche de près de 200 noëls différents issus essentiellement de la tradition populaire. Toujours bâtis sur des mélodies simples, ces airs sont faciles à mémoriser, et leurs paroles, souvent en occitan, parfois bilingues (occitan-français), et en français, racontent toutes les légendes merveilleuses qu’a inspiré la fête de la Nativité.
 
Pendant la sonnerie, tout s’est organisé au bas du clocher où chacun a porté, soit du vin chaud, ou des crêpes, ou encore des chocolats, parfois des petits gâteaux, voire du champagne (mais ça c’est rare..), créant ainsi une ambiance chaleureuse et conviviale qui préfigure la toute prochaine fête de Noël.

A leur descente, les carillonneurs sont chaleureusement accueillis, -ainsi que les sonneurs-, et copieusement réconfortés de leurs efforts. Après le vin chaud qui les a requinqués, ils seront invités à partager une bonne soupe chez des amis fidèles.

« A demain soir », se dit-on en partant.