La zone géographique la plus significative des cloches équipées en volées tournantes couvre essentiellement les départements de la Haute-Garonne, l'Ariège, les Hautes-Pyrénées, mais aussi la frange nord du Gers, l'ouest du Tarn, et quelques clochers dans les Pyrénées-Atlantiques (Béarn et Pays-Basque). Il est une chose certaine, c'est qu'à l'intérieur de ces départements, les zones où l'on trouve le plus grand nombre de volées tournantes encore utilisées manuellement correspondent en fait à l'aire architecturale des clochers-murs, soit le Lauragais, le Comminges et le Couserans.

    Il est spectaculaire avant tout de voir les cloches tourner à vive allure, et surtout de voir le travail des sonneurs sur le balcon du clocher : deux hommes par cloche, l'un poussant le joug au passage, l'autre saisissant la lèvre inférieure puis la lèvre supérieure de la cloche, le tout à très vive allure et avec coordination méthodique. Ceci explique l'attachement de la population locale qui, le jour des grandes fêtes se masse autour du clocher pour ne pas manquer le spectacle. En effet, on ne fait tourner les cloches qu'à l'occasion des grandes fêtes religieuse ou civiles, ou bien pour les mariages; de sorte que ces sonneries annoncent vraiment un moment exceptionnel.

    Le son typique de la volée tournante (double battement très rapproché) se repère immédiatement et caractérise inévitablement "la Fête". Il résonne de façon spécifique à travers coteaux et campagnes, ou bien dans les vallées montagnardes. En dehors des fêtes, les cloches sont toujours bridées, attachées et sonnées au tintement (angelus, messe dominicale, glas, etc...). Chaque commune, jusqu'à la plus petite de vingt ou trente habitants, possède au moins deux ou trois cloches et dans le Lauragais, les 'Sol3' sont légion dans la plupart des villages. On trouve aussi une myriade de petits carillons ruraux de quatre, six, ou dix cloches. Les sonneries par tintement sont toujours carillonnées avec un air défini, préétabli, codes respectés...