Le massacre culturel est systématique lors des électrifications ou des restaurations. Les installateurs (sauf deux d'entre eux qui ont pris conscience du problème et oeuvrent dans le bon sens) détruisent dans 98% des cas l'équilibre du contrepoids et installent un système à balancement. Ces cloches, non adaptées aux volées de balancement, se traînent lamentablement. Fini le beau spectacle de la volée tournante, fini le joli son du double battement et fini la belle esthétique des cloches équipées à l'ancienne dans les fenêtres de nos clochers-murs. Alors qu'en volée tournante, la cloche sonne deux fois deux coups, elle n'en sonne plus qu'un en balancement pendant le même laps de temps.

     Les gens du pays, toujours déçus, crient au scandale, mais trop tard, le mal est fait, et, souvent, irréversible (joug scié à la meuleuse, Demoiselle de Louison systématiquement décapitées!).

     Beaucoup de communes rurales, sans trop de moyens financiers, n'électrifient heureusement que les tintements, les volées restent ainsi manuelles et... tournantes! Mais, parfois, les installateurs arrivent quand même à placer les moteurs de tintement de telle manière que l'on ne peut plus faire tourner la cloche sous peine d'arracher le moteur au passage. Le joug n'est certes pas altéré, mais le résultat en est le même et la volée est définitivement arrêtée ; l'habitude de "monter faire tourner les cloches pour un jour de fête" se perd alors obligatoirement et les sonneurs bénévoles se dispersent...

     Devant ce massacre de nos belles sonneries méridionales, l'association "Carillons en Pays d'Oc" a demandé aux Conseils Départementaux de mettre un veto lors des demandes de subvention pour électrifications ou restaurations, la règle devant être"la subvention ne vous sera octroyé qu'à condition que vous conserviez votre volée tournante soit manuelle soit électrifiée".

     Cette demande sera-t-elle entendue?

    Et si elle est entendue en théorie, sera-t-elle exécutée quant au contrôle et à l'application? Il appartiendrait aussi de faire une information, surtout une formation culturelle en matière d'art campanaire aux installateurs.

     Ainsi, le Midi-Pyrénéen arriverrait à sauver ce qui reste d'une originalité encore vivante : les volées tournantes.